Le soleil du printemps a réveillé nos marcheurs et nous nous sommes retrouvés 38 sur les bords du canal à la maison de touage.
Définition : « touage nom masculin
Remorquage: système de traction sur une chaîne immergée. »
Nous étions dans un endroit stratégique du canal de la Marne à la Saône où un tunnel de 4820 m a été creusé pour passer le plateau de Langres et la ligne de partage des eaux. Le percement du tunnel se fera de chaque côté du tunnel et les moyens de visée et de calcul de cette époque n’étaient pas ceux d’aujourd’hui ont permis aux deux équipes de se rejoindre avec un écart de 10 cm, félicitations aux équipes, ceux-ci travaillaient 24h/24 et ont extrait en deux années de travail 350 000 m3 de déblais. Le tunnel était ouvert 24H/24 12 H00 dans un sens et 12H00 dans l’autre sens. Les péniches étaient tirées par un cheval ou par les hommes, le tunnel n’était pas éclairé et rendait dangereux le déplacement avec les chevaux dans la pénombre. Pour pallier à cette nécessite de trouver une solution pérenne, il a été mis en place un » toueur » : une grande chaîne de Heuilley‐Cotton à la sortie nord, posée au fond du canal. Cette chaîne monte sur une roue dentée installée sur un bateau, en faisant tourner cette roue on tire le toueur qui remorque les péniches.
Le canal a été réalisé en plusieurs étapes, en 1905 le premier bateau atteint le terminus qui est à Heuilley Cotton. Faute de moyens financiers, la chambre de commerce et d’industrie lance un emprunt pour permettre la jonction avec la Saône (à 39 km) et ouvrir le commerce avec la méditerranée en deux ans le canal est terminé mais un péage est mis en place entre Heuilley Cotton et Licey sur Vingeanne pour assurer le remboursement de l’emprunt et ce durant 50 ans.
C’est en 1907 que le premier bateau rejoint la Saône.
La commune d’Heuilley Cotton a vécu des moments importants qui ont marqué son histoire en 1931 un pilote de réserve du centre d’entraînement civil de Dijon a voulu étonner ses amis qui étaient au café du village. Apres avoir réalisé des passages de plus en plus bas il a percuté le volatil (le coq) positionné sur le clocher, ce qui a déséquilibré l’avion qui a plongé sur la toiture d’une ferme, le pilote s’en est sorti avec quelques blessures légères mais le volatil envolé…malgré les recherches il avait pris des ailes, les poules des villages alentours l’avaient elles attiré ?
Celui-ci n’est réapparu que bien plus tard.
Plus dramatique fut l’exécution le 28 juin 1944 de huit français faisant partie d’un convoi de déportés pour Buchenwald sur le bord de la voie ferrée Dijon-Chalindrey, à la suite d’une tentative d’évasion.
Notre parcours nous a conduit le long du canal et l’entrée du souterrain ensuite direction Noidant le Chatenoy et retour par la plaine où le soleil de printemps commençait à darder et nous avons pu observer que la végétation se réveillait, les bourgeons et les feuilles explosent. La réflexion de beaucoup de marcheurs « On apprécie ce beau soleil mais que nous réserve le mois d’avril sur les fruitiers ?? » Nous ne pourrons que constater les résultats dans quelques semaines….
Bon anniversaire à Pierre le local de l’étape et merci beaucoup pour ce moment de partage.
Alain S.

































