Aujourd’hui, jour de rentrée 2026 étant donné que mercredi dernier nous avions dû annuler en raison de mauvaises conditions météo. Après que chacun se soit présenté les vœux pour la nouvelle année et demandé des nouvelles des uns et des autres, nous empruntons l’ancienne rampe de la crémaillère que quelques-uns dans le groupe ont connu et emprunté depuis la gare pour se rendre en ville. C’est avec une certaine nostalgie du passé que chacun s’est remémoré sa jeunesse.
Nous empruntons le chemin de ronde des remparts qui est très fréquenté en particulier les week-ends où très souvent se rencontrent les marcheurs et autres badauds et le lieu de discussions.
Nous passons devant la tour Saint-Jean, une des quatre tours de défense de la ville édifiée en 1537 et qui fut ensuite aménagée en pigeonnier Les communications par pigeons entre les différentes villes étaient très rapide puisqu’un pigeon prouvait relier Langres à Besançon en 1heure 15 mn. Le pigeonnier a été utilisé jusqu’à la première guerre mondiale.
Nous passons devant la tour d’artillerie du petit Sault dont les murs atteignent une épaisseur de 7 m, celle-ci est dotée de deux salles voûtées reliées entre elles par un escalier monumental.
Nous quittons le chemin de ronde pour rejoindre le quartier Saint Didier hors de la ville. Ce quartier était le quartier des jardiniers car il bénéficiait d’un bon ensoleillement étant orienté à ouest.
Sur notre périple nous sommes attirés par « la fontaine du Président » L’origine de son nom est liée à la fonction de son propriétaire qui était président du grenier à sel et était privée, c’était un abreuvoir pour les animaux du quartier ; En 1782 il fut transformé en lavoir. Les banquettes en pierre qui ceinturent le bâtiment permettaient aux lavandières de déposer le linge à laver. La source provient de la butte, une arche profonde protège l’arrivée de l’eau et alimente deux bassins du lavoir le premier permettant le rinçage du linge lavé et le second pour le lavage du linge. La fontaine du président est la seule à avoir conservé sa toiture.
Nous empruntons la voie verte qui était l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait Langres à Poinson Beneuvre (à proximité de Chatillon /Seine). Nous passons devant l’ancienne gare de Langres Bonnelle qui était un beau bâtiment mais qui a été malheureusement squatté et brûlé, aujourd’hui ne subsistent que les murs d’enceinte du bâtiment.
Nous regagnons la fontaine de la Grenouille, qui s’écoule dans 3 bassins différents à flan de pente. Celle-ci a été construite en 1657 et était le lieu de repos de Diderot.
Dans ses lettres à Sophie Volland, Denis Diderot, l’enfant du pays, décrit le plaisir qu’il éprouve à se promener à Blanchefontaine.
Diderot, venu à Langres après le décès de son père, dans une lettre du 3 août 1759 à Sophie Volland décrit ainsi les lieux : » À Langres, le 3 août 1759 « .
Voici, ma tendre amie, ma quatrième lettre.
Nous avons ici une promenade charmante ; c’est une grande allée d’arbres touffus qui conduit à un bosquet d’arbres rassemblés sans symétrie et sans ordre. On y trouve le frais et la solitude. On descend par un escalier rustique à une fontaine qui sort d’une roche. Ses eaux, reçues dans une coupe, coulent de là, et vont former un premier bassin ; elles coulent encore et vont en remplir un second ; ensuite, reçues dans des canaux, elles se rendent à un troisième bassin, au milieu duquel elles s’élèvent en jet. La coupe et ces trois bassins sont placés les uns au-dessous des autres, en pente, sur une assez longue distance. Le dernier est environné de vieux tilleuls. Ils sont maintenant en fleur ; entre chaque tilleul on a construit des bancs de pierre : c’est là que je suis à cinq heures. Mes yeux errent sur le plus beau paysage du monde. C’est une chaîne de montagnes entrecoupées de jardins et de maisons au bas desquelles serpente un ruisseau qui arrose des prés et qui, grossi des eaux de la fontaine et de quelques autres, va se perdre dans une plaine. Je passe dans cet endroit des heures à lire, à méditer, à contempler la nature et à rêver à mon amie. Oh ! qu’on serait bien trois sur ce banc de pierre ! C’est le rendez-vous des amants du canton et le mien. Ils y vont le soir, lorsque la fin de la journée est venue suspendre leurs travaux et les rendre les uns aux autres. La journée a dû leur paraître bien longue, et la soirée doit leur paraître bien courte.
Denis Diderot : « Lettres à Sophie Volland »
Source Wikipédia
Nous empruntons la passerelle restaurée depuis peu de temps et remontons l’allée de Blanchefontaine qui est la liaison entre la fontaine de la grenouille et la ville. Cette promenade a été aménagée en 1733 par une plantation de 657 tilleuls offerts par Sully en remerciement de sa fidélité à Henry IV.
Le retour à notre point de départ se fait par le chemin de ronde.
Alain S.


















































